Il n’allait pas tarder à revenir, Annabelle le savait parfaitement. Car Xavier, c’est Monsieur Ponctualité. Jamais en retard, souvent même un poil en avance sur l’horaire
prévu. C’était déjà un de ses principaux traits de caractère lorsqu’elle l’avait connu, et force est de constater que le temps n’a guère eu quelconque influence sur ce qu’elle considère comme une
de ses grandes qualités. Aujourd’hui encore, c’était sûr, Xavier allait refaire son apparition à dix-huit heures quarante-cinq.
- Facile à déduire, se dit-elle comme pour convaincre une assistance invisible, il est parti à dix-sept heures quinze.
Il faut dire que Xavier fait toujours un jogging d’une heure trente précisément, à travers le grand parc de la Tocade, à la lisière du quartier qu’ils habitent. Cela fait plusieurs années qu’il
prend ce temps, nécessaire à son bien être et à évacuer le stress occasionné par son travail. En fait il a commencé lorsqu’ils se sont connus. Annabelle l’accompagnait d’ailleurs parfois dans les
premiers temps, puis cela l’avait lassé, ne parvenant pas à y trouver les mêmes sensations purificatrices que son homme.
Aujourd’hui était un jour particulier du point de vue de leur union. Ils fêtaient leurs dix ans de vie commune. Enfin, ils n’avaient encore rien fêté du tout alors que Xavier était sur le point
de revenir de son jogging. La faute notamment à ce foutu travail de Xavier, même si il s’y était rendu cet après-midi, dans le seul but de trier ses affaires, en vue d’un départ proche.
Aussi Annabelle avait-elle décidé de prendre les choses en main, afin de marquer le point de départ de leur petite célébration amoureuse du soir. Les années avaient eu beau passer, elles ne
semblaient pas avoir d’emprise sur leur relation, toujours animée par cette passion des premiers jours. Ils s’étaient pourtant connus jeunes, elle n’avait que vingt ans, un de plus que lui. C’est
sans doute grâce à cette flamme qu’Annabelle avait eu l’idée de cette surprise.
- De cette offrande, pensa-t-elle.
Mais déjà Xavier revient, elle le voit au bout de la rue, la foulée encore alerte après plus d’une heure d’effort. Sa précision de montre suisse n’a encore pas failli, il arrive juste au moment
où elle l’attend.
Annabelle lui adresse un petit geste de la main, depuis sa bouche, de la fenêtre à laquelle elle est penchée depuis quelques secondes, pour voir sa progression au travers de la rue. Il le lui
renvoie en pénétrant dans la petite cour intérieure où elle le perd de vue.
Un dernier geste et la voilà prête !
On sonne à sa porte.
Pardon ! Xavier frappe à sa porte. A leur porte, dont il ne prend jamais la clé, lorsqu’il par courir comme aujourd’hui, alors que celle qu’il appelle sa femme est à la maison.
Annabelle ouvre la porte en grand, découvrant dans le cadre de bois blanc un Xavier écumant, débardeur collé au corps, à deux doigt de devoir être essoré, et un petit peu essoufflé quand même
notamment après avoir gravi quatre à quatre les deux volées d’escaliers menant à leur appartement, comme pour marquer d’un point d’orgue jusqu’auboutiste, sa séance sportive. Elle aime
particulièrement ce moment, où toute la virilité de son homme s’exprime, avec une pointe de brutalité. Il faut dire que Xavier est beau garçon, avec son mètre quatre vingt cinq pour quatre vingt
deux kilos d’harmonie corporelle. Bien bâti, comme l’on dit, les épaules larges et prononcées, le buste fier sans sombrer dans l’arrogance de pectoraux surdéveloppés ou d’un damier d’abdominaux.
Les muscles esquissés en somme, présents mais pas omni-présents. Bas du corps sportif, cuisses fermes et mollets bien formés, conséquences agréables de l’entretien quotidien. Quant à son visage,
il est au service du reste, dans la même osmose. Cheveux bruns très foncés, coupés courts de manière assez classique pour son époque, sourcil prononcés sans toutefois atteindre la forme buisson,
mais accentuant parfaitement la profondeur de ses yeux scintillant d’un vert émeraude ; Nez franc, mais pas péninsulaire, bouche large et un brin charnue découvrant un sourire complice. Ce visage
qui chaque jour, au premier regard, fait glisser à Annabelle un frisson dans le dos, est en plus aujourd’hui vendredi, ornementé d’une fine barbe d’un jour ou deux tout au plus, renforçant encore
un peu plus la virilité de Xavier si besoin est. Bref la vision de ce spectacle ne fait qu’ajouter à sa motivation. A son excitation…
Xavier n’est pas en reste. La saine fatigue accumulée durant l’effort, comme ses jambes qu’ils sentaient lourdes, cette fatigue vient de s’envoler, d’un coup d’un seul, en
arrivant sur le pas de la porte de l’appartement. À l’instant même où la porte s’efface pour le laisser entrer, la silhouette exquise d’Annabelle se détache du cadre blanc. Sa femme vient de lui
ouvrir, nue.
- Non ! Pas nue ! rectifia-t-il au second regard.
Raffinée, Annabelle a revêtu le très seyant string Aubade en dentelle noire qu’il lui a offert, il y a quelques semaines à peine, et qu’il n’avait encore jamais vu porté, si ce n’est le jour de
l’essayage post cadeau.
Cette vision, mêlant surprise et féminité radieuse, n’est pas faite pour faire redescendre la température de son corps. Bien au contraire, l’effet de surprise rajoutant grandement au phénomène
d’augmentation de la graduation Celcius. Annabelle est tout simplement subjuguante dans cette tenue. Menue, mais finement sculptée. Xavier aime sa taille moyenne qui lui a toujours donné une
sorte d’envergure protectrice par rapport à elle. Un mètre soixante-cinq pour cinquante-quatre kilos très agréablement répartis entre des hanches légèrement marquées, des jambes fines descendant
de fesses galbées à la perfection – de son point de vue, relativement objectif – un ventre d’une platitude à faire pâlir d’envie la Belgique et deux seins sublimes, lourd mais incroyablement
fermes dont les tétons bruns pointent toujours vers le ciel d’un air taquin et un tantinet provocateur. Le string noir vient contraster ce paysage angélique avec la rigueur d’un pantonier. Mais
la première chose qui éblouit dans ce spectacle inattendu mais ô combien agréable, c’est le visage de sa femme, ravis de son petit effet – ou plutôt son grand – et souriant dans une grâce qu’il
n’ose qualifier de peur d’être insultant. Son visage poupin avec sa douce bouche aux lèvres roses à peine humectées, ses traits fins soulignant ses grands yeux bleus azur qui pétillent de ce
regard tendre qu’il affectionne, son nez discret tout en courbes légères et enfin cette coiffure à la garçonne qui met tant en valeur la noirceur de ces cheveux.
Oui, sa femme est magnifique. Ce n’est rien de le dire. Quant à sa tenue démonstrative…
- Elle n’est sans doute pas dénuée de sens, se convainc aisément Xavier.
La confirmation de ce que Xavier suppute à juste titre, ne se fait pas attendre. Annabelle, lentement, s’est avancée vers lui et glisse maintenant doucement ses mains derrière
son dos, s’imprégnant de son odeur teintée de musc en se collant à son torse. Puis tout en caresses, elle descend ses mains, pour venir arrêter leur course sur chacune des fesses musclées de son
homme, qu’elle saisit vigoureusement mais sans brutalité. Un geste résolument franc et sans équivoque.
Un geste qui a un effet immédiat sur Xavier. L’attitude lascive et incroyablement érotique dont vient de faire preuve Annabelle, ponctuée par cette quasi préhension de son fessier, déclenche une
formidable érection dans son boxer, sous le short qu’il porte habituellement lorsqu’il cours.
- Une érection d’une rare violence, remarque-t-il au passage.
Cette réaction bien naturelle et parfaitement justifié de Xavier qui n’a pas échappé à Annabelle, la conforte dans sa démarche. Elle aussi est émoustillée par ce qui est en train de se
produire à son initiative. Elle continue de plus belle, relevant les bras de son homme pour y faire glisser le débardeur devenu superflu, profitant de cette nouvelle parcelle de son corps
masculin favori, pour y apposer ses lèvres entrouvertes, laissant le passage libre à sa langue espiègle. Cou, poitrine, tétons, plexus, nombril, chaque centimètre est couvert de baisers humides
et chauds, pendant que ses seins gonflés de désir entrent en contact avec le ventre de Xavier.
Lui profite de l’étreinte que lui offre Annabelle la ramenant le plus près possible de lui, comme si leurs corps, leurs bustes, devaient entrer en fusion. Il a chaud, très chaud, mais la course à
pied n’en est plus l’unique motif. Annabelle est en train de le porter à ébullition, mais à cela il ne peut s’opposer. Il n’en a d’ailleurs pas la moindre envie.
Elle est la seule envie qu’il est.
Prisonnier de ses sous-vêtements dont il ne veut pas précipiter la disparition, il masse langoureusement les épaules de sa compagne, avant de faire descendre ses caresses vers le dos, les reins
et les fesses d’Annabelle qui accompagne ses doigts masculins de petits déhanchés visant à prononcer davantage les sensations tactiles qu’elle ressent.
Pourtant Xavier ne peut jouir des fesses de sa compagne bien longtemps. Déjà celles-ci se dérobent dans le même mouvement qui fait descendre la poitrine d’Annabelle tout contre la fierté de son
homme. Ce mouvement qui a emporté dans son élan libérateur les deux derniers remparts à la nudité de Xavier. Short et boxer sont en définitive les premiers à franchir le seuil de la porte, pour
venir finir leur course sur le parquet brut du couloir.
Xavier n’est plus en état d’en faire le constat, tant la sensation fantasmatique à quelques centimètres au-dessus de ses cuisses prend le dessus. Il sent parfaitement la caresse protectrice
et tout à la fois transportante du profond sillon qui l’enserre maintenant. Dieu qu’il vénère la poitrine d’Annabelle. Car cette rencontre on ne peu plus charnelle entre leur corps dans ce qu’ils
ont d’intimité la plus érotique est inédite.
C’est bien ce qu’Annabelle avait en tête depuis les quelques minutes ayant suivi l’instant où elle était rentrée de lsapetite course à la pharmacie, peu après quinze heures. Une offrande
unilatérale mais consentante. La volonté assumée de se livrer totalement à celui qu’elle aime.
Alors elle lui faisait ce cadeau. Avec ce mouvement qu’elle donne de tout son buste, elle aspirait à lui procurer de nouvelles sensations. Elle voulait se découvrir sous un jour un peu nouveau
sans doute pour lui.
Annabelle aussi éprouve du plaisir bien sûr à prodiguer cette caresse à Xavier. Elle se découvre, en totale libération de ses pulsions les plus enfouies. Elle accélère même un petit peu le rythme
appuyant plus fermement ses fabuleux seins contre le ventre de Xavier. Puis elle le libère pour mieux le recapturer. Dans cette prison on ne peut plus suave. Annabelle est descendue encore un peu
plus pour pouvoir venir goûter pleinement à Xavier. Quelques baisers humides habilement déposés ça et là le long du chemin menant du pubis au sommet de la hampe dressée de son homme que sa bouche
parcours, lui semblent avoir un net effet sensitif chez son homme.
Elle sent son pouls monter d’un régime, comme celui de Xavier à l’instant ou ses lèvres s’entrouvre pour ouvrir le passage au sceptre qu’elle vénère. Un nouveau palier est franchi dans
l’excitation lorsque le cocon se referme et qu’elle entame sa lente descente, faisant glisser sa langue le long de la fine chair étirée par le plaisir du même coup provoqué.
Xavier accède au firmament du plaisir, chaque seconde décuplé. Il sent son sexe, comme jamais. Il vit presque littéralement à travers lui, il vit par lui. La caresse que lui prodigue la langue
d’Annabelle, alternant avec les délicats mais fermes appuis de ses lèvres tout contre son intimité masculine, provoque en lui comme de petites secousses électriques, qui bientôt se propagent dans
ses jambes. La singularité de l’instant ne lui échappe pas, pas plus que la force inédite des ondes qui parcourent son corps.
Bien sûr il a toujours eu à l’esprit jusqu’ici la conception qu’Annabelle est lui se font de leurs moments de rencontre physique, comme une sorte d’auberge espagnole de l’amour, où chacun d’entre
eux est libre d’y apporter les pratiques qu’il désire moyennant, cela va de soi, le consentement de l’autre. Une relation complètement débarrassée de tout tabou en somme, mais infiniment
spontanée. Et pourtant le contenu de leurs étreintes ne confinait habituellement pas à l’exotisme. Un classicisme élargi tout au plus.
- Mais pas aujourd’hui, se dit Xavier dans une fulgurance à peine
apphéhendable traversant son esprit, à l’instant même ou la langue d’Annabelle s’enroule dans une dernière volute autour de son chibre.
Il en brûle, intérieurement.
Mais le ressent presque de l’extérieur.
Et bascule, à la frontière de la vague orgasmique.
Annabelle est heureuse. Et terriblement stimulée.
Son cerveau bouillonne de cette nouvelle sensation, où sans avoir été touchée quasiment une seule seconde depuis que la porte s’était ouverte, elle ne songe qu’à son homme, son plaisir à
.
Elle se surprend à constater la douceur de ce qu’elle vient de faire, et ô combien elle a joui cérébralement d’avoir emmené Xavier à la jouissance, physique elle, de la sorte.
Mais déjà elle se dérobe, l’entraîne par la main à travers le couloir, jusqu’à leur chambre à coucher. Sur le pas de la porte, Annabelle fait glisser jusqu’à terre le dernier rempart attentant
encore à sa nudité. Puis elle entre, toujours suivie de Xavier, franchit les trois pas la séparant du lit. Elle se laisse doucement tomber avant que le contact de la couette sur son corps termine
de l’électriser tout à fait.
Elle aime penser – comme pour voir elle aussi – au monde entier qu’elle découvre ainsi au regard de sa moitié.
Xavier, tout juste abandonné par son précédent orgasme, ne peut rester stoïque, devant ce qu’il voit. C’est tout naturellement qu’il vient s’agenouiller sur la moquette pourpre
déjà usée au pied du lit, pour plonger dans cette vallée du plaisir qui l’attire à elle de cette façon si irrépressible. Il espère son mouvement le plus souple possible, dans la volonté qui est
sienne de prolonger la vague de sensualité sur laquelle ils voguent tous les deux à l’initiative de sa femme.
Mais il n’est pas contre un brin de fougue, en tant qu’apposition subtile à l’humeur câline générale du moment. C’est sans doute pour cette raison qu’en déposant délicatement ses mains sur
les deux monts qui promènent leurs rondeurs vectorielles devant ses yeux, qu’il décide de plonger corps et âme dans l’exploration de ce fameux monde.
Annabelle tressaille soudain !
Cela l’oblige, dans un réflexe bien naturel à cambrer de quelques degrés supplémentaires la courbe de ses reins.
Une chaude humidité vient d’effleurer son intimité.
Puis à nouveau…
Et encore…
Avant de se poser définitivement sur l’épicentre de son plaisir.
Elle se sent s’ouvrir progressivement, comme pour mieux l’accueillir, l’attirer encore davantage à elle. Elle se délecte dans le même temps de sa position provocante, ou plutôt de la réponse que
donne Xavier à son appel de la chair.
La langue un tantinet joueuse, mais manifestement déterminée de son homme, cours, et parcours, le moindre repli de son sexe, n’hésitant pas à remonter un peu plus haut quand elle le lui fait
comprendre en s’arquant encore un peu plus. Annabelle ne peut guère se dégager de cette bouche qui l’aimante à son tour. En éprouve-t-elle, seulement ne serait-ce qu’une once d’envie ?
- Non ! se coupe-t-elle presque, dans un souffle à demi dispersé dans l’univers des sens exacerbés.
- Au contraire ! Aurait-elle même tendance à rétorquer, alors
qu’elle ressent déjà les prémices de la vague qui va bientôt la submerger, se former au cœur de tous ses centres d’émoi érotique.
Annabelle perd le fil de ses émotions, succombant aux circonvolutions malicieuses voire diaboliques, de la langue, des lèvres de Xavier, au creux de ses reins et de ses cuisses.
Les ondes parcours maintenant tout son corps dans des spasmes bien incontrôlables, pour finir par s’unir toutes et la faire chavirer.
-Mon Dieu ! Exulte-t-elle après plusieurs minutes nécessaires pour la faire recouvrer une partie de ses esprits, que Xavier est au rendez-vous de ce jour, aussi inconsciemment
soit-ce !
Progressivement, Annabelle semble revenir à elle.
Il observe ses yeux s’ouvrir peu à peu, pour à nouveau l’éblouir de la profondeur scintillante de son regard tendre. Lui n’a pas encore bougé. Il attend justement cette seconde où sa femme va
revenir à elle, en quelque sorte. Où sa femme va re-venir à lui. Xavier est resté jusque-là agenouillé, en toute discrétion, pour ne pas risquer de briser la magie de cet instant, par un
mouvement trop brusque.
Tandis qu’Annabelle se redresse lentement, il commence derechef à ressentir l’attirance de leurs êtres. Après cet interlude apaisant, il décèle brusquement la réapparition du désir, quand
Annabelle, qui lui fait maintenant face, vient l’enlacer de ses jambes. Elle a cette expression radieuse sur le visage, que seule la plénitude dans laquelle elle nage peut procurer.
La chaleur de ce corps qu’il connaît si bien fini par le gagner totalement, quand elle joint ses mains derrière son cou. Cela constitue le point initial d’ignition chez Xavier.
Après le plaisir individué, place au plaisir partagé, à la rencontre paroxysmique.
Il constate que sa femme a repris la direction des opérations dans cet élan dont elle fait montre depuis qu’il est rentré, même s’il réfute le caractère trivial de cette dernière expression, peu
adéquate en la matière d’après lui. Mais probablement gage de spontanéité de son ressenti.
Annabelle est bel est bien décidée à ce qu’il s’unissent à la cime des émotions charnelle. Toujours poussée par ce don de soi pour preuve ultime d’amour, pour présent de leur
petite célébration, c’est elle qui vint à lui. Ces jambes et ses bras ne sont que le support à l’étreinte qu’elle ne peut plus attendre. Certes Xavier vient de la transporter vers des contrées
non encore explorée, mais elle souhaite par-dessus tout, aller au bout de son initiative première.
Alors elle vient à sa rencontre prise d’une passion débordante. Elle ne laisse pas le choix à son homme, qui ne lui oppose guère de résistance.
Leur Union a toujours revêtu l’habit des sensations les plus extatiques, mais aujourd’hui cela dépasse l’entendement. Elle se sent brûler de l’intérieur, par la vigueur de Xavier. Elle ne fait
quasiment pas le moindre mouvement.
- Lui non plus constate-t-elle ébahie.
Cet étonnement ne fait que rajouter à l’intensité de la fusion dans laquelle sont entrés leurs corps et de leurs esprits. La simple rencontre de leur moi le plus érotique, suffit à déclencher
l’éruption du magma de leur sensations.
Un orgasme aussi puissant que soudain les foudroie simultanément, alors même qu’il ne font l’amour que depuis quelques secondes.
Ils sont allongés là, sur le lit. Cela doit faire un petit moment maintenant, mais ni Annabelle ni Xavier ne pourrait le quantifier. Ils ont de la peine à revenir de la galaxie virtuelle dans
laquelle ils se sont mutuellement projetés.
Xavier et le plus prompt à recouvrer ses esprits. Dans un élan très masculin pourraient dire certains, il se lève pour prendre sur la table de nuit, l’avant-dernière cigarette de son paquet de
Fortuna. Comme il tourne son regard vers le lit en se dirigeant vers la porte-fenêtre, il voit Annabelle réouvrir les yeux pour la deuxième fois.
Avant de sortir sur le petit balcon de la chambre, il se ravise, conscient d’avoir quelque peu manqué de galanterie.
- Excuse moi, mon amour, je t’ai oublié, lui glisse-t-il un brin honteux. Tu veux une cigarette ?
- Non merci, lui répond-t-elle en souriant. Je ne fume plus.
- Ah bon ? s’étonne-t-il, ayant encore à l’esprit cette cigarette partagé en fin de déjeuner dans leur petit restaurant fétiche.
Depuis quand ?
- Cette après-midi. Sur le coup de quinze heure, lui répond-t-elle, enjouée en guidant son regard vers son nombril.
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